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Dossier de Presse...

1) Le Journal de Montréal, dimanche 6 février 2000

Les catholiques sont 1,045 milliard dans le monde, selon le Vatican
CITÉ DU VATICAN (AP) - Le Vatican estime à un milliard et 45 millions le nombre de catholiques baptisés dans le monde. Ce chiffre annoncé samedi marque une progression de 40 millions par rapport à la dernière évaluation, en date du 31 décembre 1997.
Cela représente 14,4 de la population mondiale d'environ six milliards de personnes. Quelque 49,5% de ces catholiques se trouvent aux Amériques, 27,8% en Europe, 11,4% en Afrique, 10,5% en Asie et 0,8% en Océanie.
Le Vatican recense 3 692 582 catholiques accomplissant des missions pastorales de par le monde en 1999, dont 404 626 prêtres et 56 421 missionnaires laïques. Le nombre de séminaristes est "particulièrement satisfaisant" en Amérique et en Afrique.


2) La Presse, Montréal, samedi 12 février 2000

"Quel-est-ton-nom" suscite une fièvre mystique
Agence France-Presse
Aazleton, Etats-Unis

L'apparition soudaine d'un homme énigmatique à Hazelton, dans le nord-est des Etats-Unis, suscite une fièvre mystique sans précédentau sein de la communinauté catholique de cette région minière sinistrée.

Enveloppé d'une couverture blanche, laissant à peine entrevoir une robe immaculée, il marche pieds nus dans ses sandales de cuir à travers les rues glacées de ce gros bourg de 40 000 âmes, assombri par les terrils désaffectés.

"Je m'appelle Quel-est-ton-nom" dit-il d'une voix feutrée. Ses yeux vifs scrutent ses interlocuteurs venus l'entendre sur le parvis de l'église du Sacré-Coeur pour le voir, l'écouter, le toucher.

Sa barbe fournie, ses cheveux blonds, ses mains le plus souvent unies, lui donnent incontestablement un air de "déjà-vu".

"C'est le Jésus des coeurs", s'exclame Connie Muir. Cette maîtresse femme, archiviste de profession, ne croit pas que le Christ soit revenu sur terre, mais plutôt "son messager, son prophète, son nouvel apôtre".

Catholique pratiquante, elle évoque, le regard embué de larmes, ce 25 octobre 1999 "où il est apparu" marchant sur le bas-côté de l'autoroute 93, entre Berwick et Hazelton, dans l'Etat de Pennsylvanie.

"Notre maison est très modeste. Il a partagé notre repas. Nous avons parlé toute la nuit", se souvient-elle.

Le "prophète" n'a qu'un seul sujet de conversation: Dieu. "Mon but est de m'approcher de Lui le plus possible, connaître la profondeur de son mystère, afin de savoir qui nous sommes", confie-t-il à l'AFP.

Il ponctue ses paroles de gestes doux, écarte lentement ses bras et incline légèrement sa tête vers la gauche. Les dernières lueurs du soleil hibvernal enflamment sa chevelure. Sur le parvis, des curieux observent la scène, abasourdis.

Carl-Joseph - son vrai nom - frôle la quarantaine et affirme avoir parcouru à pieds depuis 1991, treize pays, la plupart en Europe et en Amérique latine, ainsi qu'une grande partie des Etats-Unis.

Ayant choisi l'errance, il a fait sien le verset de Matthieu (8-20): "Les renards ont des tanières, et les oiseaux du ciel des nids. Mais le Fils de l'homme n'a pas où reposer sa tête."

Depuis son arrivée à Hazelton, qui compte 80% de catholiques, il a réuni des miliers de personnes dans des églises et des salles de sports, refusant toute rétribution et mangeant ce qui lui est servi.

"Je marche pour être plus accessible aux gens, comme Jésus le faisait", explique-t-il, tout en se défendant d'être un nouveau "fils de Dieu".

Les prêtres, d'abord incrédules, voire suspicieux, ont rapidement compris le pouvoir d'attraction de cet homme.

L'évêque Gérard Angelo affirme avoir été conquis après une conversation de trois heures. "Il touche beaucoup de monde, surtout les jeunes, ceux-là mêmes que nous ne réussissons pas à attirer dans nos églises", affirme-t-il.

Pour le père Raymond Morris, qui officie dans la paroisse voisine de Mahonoy City, "il ne fait pas de doute que cet homme a une mission. Il parle comme le faisait Jésus."

Connie Muir a commencé à écrire la chronique du "messager", "pour que les gens sachent". Elle conserve avec dévotion l'uune de ses couvertures blanches, des chapelets, une ordonnance d'antibiotique pour l'extraction d'une dent.

Des miracles sont déjà attribués à Carl-Joseph. Il aurait sauvé un adolescent drogué, fait baisser la tension artérielle de plusieurs personnes âgées, réparé une voiture en posant ses mains sur le capot...

Dans le bureau de Mgr Angelo, le téléphone ne cesse de sonner. Des fidêles souhaitent connaître le lieu et l'heure de la prochaine réunion publique avec le "prophète". Sur le parvis, ce dernier joint ses mains et élève les yeux au ciel. A ses pieds, un caméraman d'une télévision locale tourne.


3) Article tiré de Le Monde Diplomatique


LE MONDE DIPLOMATIQUE - FÉVRIER 1998 - Page 9


UN THÉOLOGIEN SRI-LANKAIS CONTESTÉ PAR LE VATICAN
Rome excommunie... puis gracie

PRONONCÉE il y a un an, l'excommunication qui frappait un théologien sri-lankais a été officiellement levée par le Vatican le 15 janvier dernier. Pour avoir essayé d'adapter sa foi au contexte du Sri Lanka et de l'Inde, où les chrétiens ne représentent, respectivement, que 8 % et 2 % de la population, le Père Tissa Balasuriya avait en effet été exclu de la communion de l'Eglise catholique, sans droit de réponse ni appel. Cette affaire concernant un théologien de la « périphérie du monde » aura été l'occasion de constater à quel point le christianisme actuel reste surtout occidental.

Par FRANCOIS HOUTART
Le 2 janvier 1997, la Congrégation de la doctrine pour la défense de la foi (CFD), présidée par le cardinal Ratzinger, notifiait au Père Tissa Balasuriya son excommunication (1). Prêtre de nationalité sri-lankaise, cet homme de soixante-treize ans se voyait brutalement frappé par la plus grave sanction dont dispose l'Eglise catholique. Son « crime » était d'avoir publié, sept ans plus tôt, un livre intitulé Marie ou la libération humaine   (2).
L'ouvrage, tiré à quelques centaines d'exemplaires, serait sans doute passé inaperçu si la Conférence épiscopale sri-lankaise ne s'en était pas déclarée scandalisée, dès sa sortie, et n'avait pas saisi la Congrégation de la doctrine, anciennement appelée Saint-Office (lui-même ayant succédé à l'antique tribunal de l'Inquisition). L'excommunication pour hérésie signifie exclusion de l'Eglise. Elle représente une peine bien plus lourde que toutes les mesures prises à l'encontre d'autres théologiens, européens ou américains, ou contre des prêtres ayant participé au gouvernement sandiniste du Nicaragua, dans les années 80, ou encore à l'égard du théologien brésilien Leonardo Boff   (3).
Dans le cas du Père Balasuriya, il s'est produit un conflit à bien des égards identique à celui qui continue d'opposer Rome aux théologiens de la libération d'Amérique latine   (4). Il met en scène deux visions théologiques diamétralement opposées. Pour les uns, l'expression théologique passe nécessairement par le canal du magistère, c'est- à-dire de la hiérarchie ecclésiastique. Pour les autres, elle constitue une réflexion au sein d'un contexte toujours renouvelé : celui de l'histoire humaine, celle-ci se transformant ainsi en véritable sujet théologique.
Le Père Balasuriya s'inscrit dans ce deuxième courant, tout en privilégiant, comme les théologiens latino- américains, l'attention portée aux plus pauvres et le combat pour la justice sociale. C'est ainsi que, dans son dernier ouvrage, il se démarque de la mariologie traditionnelle, qui, dit-il, présente Marie « tantôt comme une arme offensive : Marie des Victoires au nom de laquelle le sang a coulé, tantôt comme un personnage humble, obéissant et soumis, ce qui donne une image asservissante de la femme ». « J'ai cherché à savoir, ajoute-t-il, qui est vraiment Marie... [Il s'agit d'une] femme forte, adulte, courageuse. » Sa vision de la mère de Jésus tient en ces quelques lignes, extraites du livre incriminé : « Une approche mariale du tiers-monde devrait s'inspirer de la sensibilité et du projet incarné par le Magnificat : nourrir les affamés et élever les humbles. »
Dans ce domaine, le Père Balasuriya est particulièrement incisif. Chaque fois qu'il aborde les questions théologiques, il le fait en référence à la libération des peuples opprimés. Il est d'ailleurs l'auteur de plusieurs ouvrages sur la justice sociale   (5), dans lesquels il décrit longuement la situation de centaines de millions d'asservis, en Asie notamment. Il y dénonce la condition des femmes, privées des soins les plus élémentaires et qui meurent en couche chaque année, celle de millions d'enfants disparaissant en bas âge, ou encore celle des travailleurs et travailleuses exploités par un capitalisme sans scrupules, en particulier dans les zones franches.
Or, pour le théologien sri-lankais, Marie est avant tout une femme qui a connu, elle aussi, la pauvreté, l'injustice et l'exil, avant de vivre le rejet et l'exclusion de son fils, son agonie et, pour finir, sa mise à mort. A partir d'une perspective asiatique, le Père Balasuriya aborde dans son ouvrage une série de thèmes particulièrement sensibles, tels le péché originel, l'Immaculée Conception, la virginité de Marie, le sacerdoce des femmes. Il estime, en effet, que la foi chrétienne actuelle s'exprime dans le cadre d'une certaine vision occidentale, trop éloignée de la mentalité asiatique.
Si la Congrégation romaine a daigné reconnaître au prêtre sri-lankais certaines intentions louables (comme de prôner le dialogue entre le christianisme et les religions orientales, ou de présenter une image positive de la féminité de Marie), elle s'est beaucoup plus attachée à dénoncer sa remise en cause des points essentiels de la foi chrétienne. Dans un document long de onze pages, la CFD dressa, en juillet 1994, la liste des fautes graves dont le théologien s'était rendu coupable dans Marie ou la libération humaine. Le Père Balasuriya se voyait accusé pêle-mêle de mettre sur un pied d'égalité toutes les religions et leurs fondateurs, de faire de la doctrine du péché originel une hypothèse et un mythe, de semer le doute sur la naissance virginale, de réduire l'importance de la tradition, de ne pas reconnaître le rôle de l'autorité dans l'Eglise, d'ébranler le dogme de l'infaillibilité pontificale, et enfin d'être favorable à l'ordination des femmes.
La question du pouvoir dans l'Eglise
L'ACCUSÉ n'admit pas ce qu'il considérait être comme une somme de généralisations abusives, d'amalgames et même de falsifications de son livre et de sa pensée. Aussi, il adressa à son tour à la CFD, en mars 1995, un texte de cinquante-cinq pages en guise de réponse. Pour prouver l'authenticité de sa foi, il se déclara prêt, dans le même temps, à signer le credo de Paul VI   (6). Tout en soulignant ses divergences avec Rome sur la manière de faire de la théologie, il répliqua à chacune des accusations portées contre lui en les réfutant et en y ajoutant à chaque fois un commentaire de son cru, ressenti par la Congrégation romaine comme une désobéissance supplémentaire et une nouvelle provocation. C'est ainsi qu'il écrivit qu'il ne niait pas le péché originel « dans la mesure où nous faisons tous l'expérience de l'inclination au mal ». De même, il rejeta l'affirmation selon laquelle il niait la divinité de Jésus et la conception virginale, mais sans se priver de poser une nouvelle fois cette question : « Qu'y aurait-il de mal à être une mère normale, selon la nature humaine, telle que le Créateur l'a faite ? »
On se doute que ce document ne fut pas du goût du Vatican. La réplique de la Congrégation de la doctrine pour la défense de la foi tomba comme un couperet : « Insatisfaisant ». Le Père Balasuriya fut informé de son excommunication au terme de longs échanges de correspondance, non de rencontres et de dialogues. Pis : le dernier contact qu'il eut avec le Vatican avant sa condamnation prit la forme d'une véritable mise en demeure. En mai 1996, le théologien se vit sommé de signer une déclaration de foi rédigée par la Congrégation romaine, dans laquelle il reconnaissait solennellement l'infaillibilité pontificale, la virginité de Marie, Dieu comme l'auteur de l'ensemble des livres de la Bible, ou encore l'origine divine (et non socioculturelle) de l'interdiction du sacerdoce pour les femmes.
Une telle exigence ne pouvait être qu'inacceptable pour le Père Balasuriya. Il refusa de céder. Il apposa en revanche sa signature au bas de la profession de foi de Paul VI, en précisant qu'il le faisait « dans le contexte du développement théologique et des pratiques de l'Eglise depuis le Concile Vatican II et de la liberté et de la responsabilité des chrétiens et des théologiens établie par le droit canon ». La Congrégation romaine n'apprécia pas ce nouvel acte d'indépendance, et prononça alors l'excommunication, la première à l'encontre d'un théologien depuis Vatican II   (7). L'intéressé fit appel auprès de la Signature apostolique (le tribunal suprême du Vatican), lequel finit par déclarer qu'il n'y avait pas de recours possible, le pape ayant personnellement et de manière spécifique approuvé la sanction.
Une grande partie des reproches formulés à l'encontre du théologien sri-lankais ressemblent à ceux qui ont été adressés dans les années 80 aux théologiens latino-américains de la libération. Les propos du cardinal Ratzinger, le 24 janvier 1997, lors d'une conférence de presse à Rome, sont d'ailleurs révélateurs. On ne peut réduire le différend entre la Congrégation romaine et le Père Balasuriya à la question de l'ordination des femmes, souligna en substance le président de la CFD, car dans le livre Marie ou la libération humaine il y a de nombreuses choses absolument inacceptables. Mgr Ratzinger ne cacha pas qu'il faisait, entre autres, allusion à l'influence du marxisme sur la pensée de l'auteur et son oeuvre, en particulier lorsque le Père Balasuriya aborde la question du pouvoir dans l'Eglise.
C'est là que pourrait bien se situer l'enjeu véritable de l'« affaire Balasuriya ». Et il faut reconnaître qu'il est de taille, car la réflexion proposée par de nombreux théologiens suppose une autre conception de l'autorité dans l'Eglise. Pour la Congrégation romaine, le magistère est le détenteur exclusif de la vérité. Pour une nouvelle génération de théologiens, le magistère est plutôt un catalyseur. A leurs yeux, l'important est de se mettre à l'écoute des expressions variées de la foi, dans un monde où l'Occident a perdu son hégémonie culturelle. Il s'agit de favoriser la communication entre chrétiens, de les aider à s'épauler mutuellement et à trouver ensemble ce que signifie, en cette fin de XXe siècle, l'expression et la pratique de la foi inspirée par l'Evangile.
Le cardinal Ratzinger a beau se défendre de « vouloir imposer une théologie particulière, comme unique et normative », il réduit en fait l'espace de diversité autorisée, culturellement marquée par l'Europe et fortement balisée par l'appareil hiérarchique   (8). Par sa pensée et ses écrits contestataires, le théologien sri-lankais soulève la question de l'autorité dans l'Eglise, et c'est en cela qu'il représente une menace pour le Vatican.
A cela s'ajoute un autre volet, celui de la doctrine sociale de l'Eglise catholique. Jean Paul II revendique à ce sujet un statut privilégié, qui placerait cette doctrine au-dessus de toute critique des sciences humaines. Si celle-ci dénonce avec force les injustices au nom de l'Evangile, elle est cependant loin de remettre en cause les rapports sociaux de l'économie capitaliste. Ce qui permet à l'Eglise de coexister avec ce système, et de jouer un rôle d'instance critique, dénonciatrice des abus du capitalisme, et donc, en fin de compte, de permettre sa reproduction. Or le Père Balasuriya et les théologiens de la libération vont plus loin, car ils contestent la logique même du capitalisme et la légitimité de son fonctionnement, source d'inégalités et d'injustices.
L'Asie est une réalité multiple et complexe. Dans ce continent, marqué par des situations d'extrême pauvreté, se sont enracinées de grandes traditions de pensée religieuse   (9). Ce sont ces aspects-là que certains intellectuels catholiques, prêtres et laïcs, souhaitent à présent mettre en lumière, en étroite liaison avec les acteurs des mouvements sociaux.
Il semble bien que le Saint-Siège ait eu quelques raisons de vouloir lancer un avertissement aux Eglises d'Asie. Un synode des Eglises asiatiques devrait en effet avoir lieu à Rome en avril 1998, après ceux qui ont réuni ces dernières années les évêques d'Afrique, des Amériques et d'Europe. Or le document préparatoire élaboré par le Vatican au début de 1997 a été fortement critiqué par les évêques japonais. Pour ces derniers, le texte fait preuve d' « un manque de compréhension de la culture asiatique ».
La sanction infligée au Père Balasuriya, d'une dureté incompréhensible à première vue, peut donc, dans ce contexte, être interprétée comme un coup de semonce à un catholicisme asiatique tenté de prendre trop de libertés par rapport aux positions du Vatican.
Mais l'excommunication en a choqué plus d'un, en particulier en Asie, où les réactions ont été à la fois nombreuses et vigoureuses : la congrégation religieuse de l'intéressé, les Oblats de Marie immaculée   (10), branche du Sri Lanka, ainsi que la Commission asiatique des droits humains, l'Association oecuménique des théologiens d'Asie, l'Association internationale des théologiens du tiers-monde, le Forum des religions pour une solidarité mondiale, ou encore le Mouvement des étudiants catholiques d'Asie et du Pacifique, ont protesté et manifesté ouvertement leur solidarité avec l'intéressé. Il y a même eu des manifestations de bouddhistes et d'hindous.
Dans le reste du monde, beaucoup ont également pris parti pour l'excommunié. La section belge de l'Association des théologiens catholiques et de nombreux organismes de laïcs ou de religieux de l'Amérique du Nord, d'Australie et d'Europe ont réagi, sans oublier des théologiens de renom tels que le jésuite indien Samuel Rayan ou le dominicain australien Phillip Kennedy. Du monde entier, plus de 10 000 lettres de soutien ont été adressées au prêtre « hérétique ».
Le Père Tissa Balasuriya a souffert sans aucun doute de l'excommunication qui l'a frappé. Ce châtiment est venu interrompre brutalement une vie de labeur intellectuel et spirituel menée au service de l'Eglise. Estimant, quant à lui, qu'il était l'objet d'une injustice   (11), le prêtre sri-lankais a continué de célébrer la messe chaque jour et de dénoncer les situations qui, partout à travers le monde, et surtout en Asie, constituent des atteintes à la dignité de la personne humaine. Il n'a pas manqué de le faire en référence à l'Evangile.
Rome est donc revenu sur sa position et a levé la sanction. N'est-ce pas en vertu du droit à la défense que le procès de Jeanne d'Arc fut révisé ? Récemment, on apprenait l'ouverture à Rome de la procédure de béatification de Savonarole. Le célèbre prédicateur italien avait pourtant été excommunié par le pape Alexandre VI Borgia en 1497, avant d'être pendu puis brûlé à Florence ! « Sa réhabilitation, indiquait le communiqué émis par le Vatican, fut annoncée par Jean Paul II dans une démarche de pénitence pour les erreurs historiques commises par l'Eglise »... Il s'en est fallu de peu qu'il faille, dans le cas du Père Balasuriya, attendre l'an de grâce 2498.
FRANCOIS HOUTART.
[Christianisme] [Religion]


  (1) Il s'agissait d'une excommunication latae sententiae, c'est- à-dire automatique, entraînée par le simple fait qu'un délit a été commis, sans qu'il soit besoin d'un procès ou de toute autre procédure.
  (2) Tissa Balasuriya, Marie ou la libération humaine, suivi de Chronique d'une excommunication annoncée, dossier complet réuni par Christian Terras, éditions Golias, Villeurbanne, 1997.
  (3) L'un des grands noms de la théologie de la libération en Amérique latine, interdit d'enseignement par le Vatican en 1992 pour s'être rendu coupable de « dérive doctrinale ». Ce franciscain (devenu professeur d'éthique et de philosophie à l'université de Rio) avait débordé le cadre habituel de la théologie de la libération pour y intégrer les dimensions indigéniste, féministe et écologiste. Lire Leonardo Boff, Jésus-Christ libérateur, Editions du Cerf, Paris, 1974.
  (4) Lire le dossier spécial consacré à cette question, « De la conquête de l'Amérique à la controverse de Saint-Domingue », Golias Magazine, no 31, automne 1992, BP 3045-69105 Villeurbanne, Cedex.
  (5) Aucun n'a été traduit de l'anglais ou du cinghalais. Marie ou la libération humaine est le premier ouvrage du Père Tissa Balasuriya à être traduit et publié dans un pays européen.
  (6) Exposé solennel des données essentielles de la foi catholique, rédigées et présentées par le pape Paul VI le 30 juin 1968, sous la forme d'un credo traditionnel, mais ouvert, plus pastoral que dogmatique.
  (7) Le chef de file des catholiques intégristes français, Mgr Marcel Lefèbvre (décédé en 1991), n'était pas théologien. Il a été excommunié le 30 juin 1988 pour des raisons disciplinaires et de rupture avec la tradition de l'Eglise.
  (8) Lire Giancarlo Zizola, « Les nouvelles armes du Vatican », Le Monde diplomatique, janvier 1998, et Rémy Hebding, « Drewermann l'imprécateur », Le Monde diplomatique, juillet 1997.
  (9) Lire « Asie religieuse, chiffres et données », Eglise d'Asie, 1995, Paris.
  (10) Congrégation missionnaire, fondée au XIXe siècle à Marseille.
  (11) Lire « Marie, source de disgrâce », L'Actualité religieuse, Paris, no 152, 15 février 1997, et Christian Terras, « Asie, la nouvelle querelle des rites chinois », Golias Magazine, no 52, janvier-février 1997.

LE MONDE DIPLOMATIQUE - FÉVRIER 1998 - Page 9
http://www.monde-diplomatique.fr/1998/02/HOUTART/10022.html

TOUS DROITS RÉSERVÉS © 1999 Le Monde diplomatique.

4) Le Journal de Montréa, mardi 13 mars 2000

Jean Paul II demande pardon pour tous les péchés des catholiques Un mea culpa sans précédent
IL A CITE NOTAMMENT LES JUIFS, LES FEMMES ET LES MINORITES

CITÉ DU VATICAN (AP) - L'Église fait son mea culpa. Le pape Jean Paul II a humblement demandé pardon hier pour tous les péchés commis par les catholiques au cours des siècles, citant en particulier les mauvais traitements dont ont été victimes les juifs, les femmes ou les minorités.

L'autocritique est sans précédent dans l'histoire d'une Église. Elle est d'autant plus remarquable qu'elle est formulée par un pape, certes malade et déclinant mais animé d'une volonté de fer et déterminé à ce que le catholicisme entame le troisième millénaire débarrassé des fantômes hantant son passé.

« Nous pardonnons et nous demandons pardon », a-t-il dit et répété lors d'une messe solennelle en la basilique Saint-Pierre de Rome.

Dignitaires juifs

Plusieurs dignitaires juifs se sont félicités de ces paroles de pénitence tout en ajoutant qu'ils attendaient plus lors de la visite du pape en Terre sainte du 20 au 26 mars.

Dans cet acte de repentance, le souverain pontife n'a cité aucun événement historique précis, tels que l'Holocauste, l'Inquisition ou les Croisades. Il n'a pas donné non plus de noms: il n'est pas question de juger la responsabilité individuelle, a-t-il expliqué, car «seul Dieu peut le faire».

Mais les références sont claires, à la fois dans ce qu'il a dit et dans les paroles prononcées par les cardinaux et deux évêques qui ont confessé des péchés commis au nom de l'Église.

Il a cité l'utilisation de la violence «au service de la vérité» ou «des attitudes de rejet et d'hostilité adoptées parfois vis-à-vis d'autres religions».

Le cardinal Edward Cassidy par exemple a rappelé «les souffrances du peuple d'Israël» et a demandé le pardon divin pour «les péchés commis par quelques-uns contre le peuple de l'Alliance» (les juifs). Après un moment de recueillement, Jean Paul II a répondu en s'adressant à Dieu: «Nous sommes profondément attristés par le comportement de ceux qui, tout au long de l'histoire, ont fait souffrir ceux qui sont Tes fils. En demandant Ton pardon, nous promettons de nous engager dans une fraternité authentique avec le peuple de l'Alliance».

Dans une semaine, le souverain pontife se rendra en Terre sainte où il doit notamment visiter le mémorial Yad Vashem de la Shoah. Son directeur, Avner Shalev, a qualifié hier la repentance papale d'événement à la fois «significatif» et «historique», ce qui ne l'empêche pas d'attendre une déclaration plus spécifique bientôt.

5) Article tiré du Devoir, mardi 23 mai 2000
L'Église sonne la charge contre l'Armée de Marie


Louise Leduc
LE DEVOIR


Le mardi 23 mai 2000
À la suite d'une malencontreuse erreur à la mise en pages, ce texte, dont l'embryon a suscité tant de réactions, a été amputé de sa suite dans l'édition d'hier. Nous le publions donc de nouveau, intégralement (si Dieu le veut... ), au côté des plus récents développements dans le dossier. Nos plus sincères excuses à nos lecteurs. L'Église sonne la charge contre l'Armée de Marie
Au nom des évêques du Québec et fort de l'appui du Vatican, Mgr Maurice Couture, du diocèse de Québec, vient de sonner la charge contre l'Armée de Marie.
Par l'envoi d'une «note d'ordre disciplinaire», Mgr Couture exprime son «entier désaccord» avec l'Armée de Marie. La raison de ses foudres: l'érection d'un lieu de culte à Lac-Etchemin, dans Bellechasse, où l'Armée de Marie semble en voie de s'organiser en petite colonie.
Lac-Etchemin, ce sont 4000 âmes, un terrain de golf, un grand lac, un manoir, une salle de quilles, un centre de ski, un hôpital, une église, une poignée de commerces et, depuis l'an dernier, une énorme maison de retraite pouvant loger plus de 300 personnes. Là ne s'arrête pas la présence de l'Armée de Marie: depuis des années, elle se constitue un petit empire par l'achat de multiples terrains avantageusement situés dans la municipalité-paroisse voisine de Sainte-Germaine.
«Nous avons vu arriver, au fil des ans, des familles du Texas, du Michigan, du Nouveau-Brunswick, bref, d'un peu partout au Canada et aux États-Unis», raconte le directeur de Sainte-Germaine, Pierre Dallaire.
Où donc des Américains unilingues de Detroit trouvent-ils l'idée de s'installer à Lac-Etchemin? Tout cela s'explique par le fait que l'Armée de Marie, qui compte des ramifications dans treize pays, a été fondée par une certaine Marie-Paule Giguère, native de Lac-Etchemin.
À Lac-Etchemin, on voit en général d'un bon oeil l'arrivée de disciples de l'Armée de Marie. Ils ont payé un réseau d'égouts, ils paient des taxes, ils dépensent dans la région. On raconte même que l'Armée de Marie envisagerait la construction de maisons thématiques: l'une pour des croyants qui viendraient de l'Italie, l'autre pour ceux de l'Allemagne...
Lac-Etchemin, bientôt envahi de pèlerins et de croyants prêts à s'y installer à demeure? «Nous allons où nous mènent les événements providentiels, explique Sylvie Payeur, porte-parole de l'Armée de Marie. Pour nous, c'est un retour aux sources. Notre maison se trouve tout juste de l'autre côté de la rue de notre premier sanctuaire.»
Chose certaine, le diocèse de Québec ne l'entend pas du tout de cette façon. «La permission de l'Ordinaire du lieu est requise par le Droit de l'Église pour que soit établi un lieu destiné au culte, que ce soit une église, un oratoire ou une chapelle privée», a écrit Mgr Couture à l'Armée de Marie dans une lettre qui vient d'être publiée dans le bulletin Pastorale Québec du diocèse. «Non seulement cette chapelle a-t-elle été construite dans l'irrespect le plus total des normes promulguées par le pape Jean-Paul II, mais les célébrations liturgiques y seront présidées le plus souvent par des prêtres appartenant à un groupe n'ayant pas de statut reconnu dans l'Église.»
En 1975, le prédécesseur de Mgr Couture, le cardinal Maurice Roy, avait donné à l'Armée de Marie le statut d'«association pieuse». Six ans plus tard, il émettait lui-même des réserves. Bientôt, l'Armée de Marie fut appelée à se justifier devant les autorités diocésaines pour des affirmations contenues dans les ouvrages Vies d'amour où l'on affirme notamment que Marie serait membre du mystère de la Trinité et que Marie-Paule Giguère serait la réincarnation de la Sainte Vierge.
En 1987, c'est le divorce total: l'Armée de Marie se voit retirer son statut d'association pieuse.
Devant la poursuite des activités de l'Armée de Marie au fil des ans, la Conférence des évêques catholiques du Canada s'est adressée au Vatican. La conduite à adopter a été signée par le cardinal Ratzinger le 29 février 2000. «Il serait [...] grand temps que votre conférence épiscopale prenne des dispositions, même par une note publique adressée aux fidèles, pour que cette association ne soit plus appelée "catholique", écrit le cardinal Ratzinger. Dans le même temps, toute activité (diffusion de publications, organisation de célébrations liturgiques, rencontres de prière, vente de matériel publicitaire) entreprise par le mouvement dissous doit être découragée dans les milieux ecclésiastiques.»
À l'Armée de Marie, on nous indique qu'on est trop débordé ces temps-ci pour accorder de longues entrevues. C'est que pas moins de 150 pèlerins d'Europe, d'Amérique centrale et d'Amérique du Sud viennent d'arriver à Lac-Etchemin, nous dit la porte-parole Sylvie Payeur.
Elle nous a donc gracieusement envoyé un exemplaire tout chaud du Royaume, qui se veut, en 24 pages d'un numéro spécial, la réplique à Mgr Couture. En voici un extrait, signé par soeur Monique Goupil: «En 1990 [...], Marie-Paule vous a adressé une très belle lettre qui aurait dû ouvrir un dialogue positif [...]. Malheureusement, cette lettre est restée sans réponse. Peut-on demander à un enfant d'aller vers un père qui n'a jamais rien fait pour lui mais qui a au contraire tout fait pour l'empêcher de se développer? [...] Dans la situation présente, Excellence, j'aime à me rappeler les paroles inspirées d'un de vos confrères dans l'épiscopat: "Ne demandez pas la permission pour faire le bien... Ayez les libertés des enfants de Dieu"... »




6) Article tiré du Devoir, 24 mai 2000

Une souffrance annoncée, soutient la fondatrice de l'Armée de Marie
L'Église lui reproche notamment de se présenter comme la réincarnation de la Vierge


Louise Leduc
LE DEVOIR


Le mercredi 24 mai 2000
La controverse qui ébranle actuellement l'Armée de Marie ravit sa fondatrice, Marie-Paule Giguère, en ce qu'elle lui permet de vérifier une fois encore, soutient-elle, «les paroles d'en haut, qui [lui] avaient annoncé qu'[elle aurait] à subir des persécutions, une crucifixion, même».
Dans l'oeil du cyclone médiatique depuis que leur antagonisme a été révélé au grand jour, l'Armée de Marie et l'Archevêché de Québec sont restés sur leurs positions, hier, lors de leurs conférences de presse distinctes.
De son côté, Mgr Maurice Couture a expliqué avoir agi à la demande de paroissiens de Sainte-Germaine et sous l'impulsion de la lettre de son confrère de la Congrégation pour la doctrine de la foi, Mgr Gerald Wiesner.
L'Armée de Marie, comme l'Église catholique, voue un culte au Saint-Père, à l'eucharistie et à la Vierge Marie. De prime abord, signale Mgr Couture, «tout cela apparaît très catholique».
Là où le bât blesse, c'est dans la manière, dans la doctrine sous-jacente. «Les révélations que Mme Giguère a reçues, en relation avec des apparitions survenues en Hollande, n'ont pas reçu l'aval des autorités ecclésiastiques, précise Mgr Couture. Dans ses livres - et Dieu sait si elle en a écrit, quinze volumes de Vie d'amour! - se trouvent tant d'ambiguïtés que l'on est en droit de s'interroger. Lorsqu'elle parle d'elle-même, s'agit-il d'une personne qui est dévote à Marie ou ne se reconnaît-elle pas comme la réincarnation de Marie?»
Or, poursuit Mgr Couture, «l'Église ne reconnaît qu'une Marie, unique, la mère de Jésus».
En entrevue téléphonique, Mgr Couture a bien précisé qu'il ne tient pas l'Armée de Marie pour une secte et qu'il n'est pas question d'excommunier aucun de ses fidèles, qui agissent en toute bonne foi.
«Marie-Paule Giguère est habile, très habile, note Mgr Couture. Elle a une façon très convaincante de présenter sa dévotion, qui est proche des gens, sur le ton "l'Église s'en va chez le diable", en insistant sur l'urgence d'agir. Les gens se sentent interpellés et y vont de généreuses contributions. Voyez la maison de Sainte-Germaine! Il en faut de l'argent pour construire cela!»
En entrevue à RDI, le maire de Sainte-Germaine-du-Lac-Etchemin, Roger McCaughry, précisait hier que des 155 kilomètres carrés que compte la municipalité, 10 km2 appartiennent maintenant à l'Armée de Marie.
Pour un dialogue «filial»
Marie-Paule Giguère soutient avoir déjà envoyé à Mgr Couture une lettre «très filiale», tout ouverte à un souhaitable dialogue. Cette missive restée sans réponse, regrette-t-elle, l'a obligée à continuer en marge de l'Église son oeuvre, qui lui a été confiée par le Très-Haut, dit-elle, alors qu'elle avait douze ans.
Pour le reste, elle ne croit pas avoir désobéi. «Il est dit dans le droit canonique que le salut de l'âme prime sur tout le reste.»
Mme Giguère appuie son action sur un message de la Vierge Marie, qui lui aurait été transmis par l'intermédiaire d'une voyante d'Amsterdam, en 1967. Depuis lors, elle dit avoir reçu diverses «paroles intérieures» la poussant à sauver des âmes, quitte à subir au passage de nombreuses souffrances, thème récurrent de son oeuvre, Vie d'amour, faite de six mille pages.
Si le dialogue est en tous points rompu avec l'Armée de Marie, il semble encore possible du côté de sa filiale des Fils de Marie, qui regroupe des prêtres plus jeunes que la plupart de ceux reconnus par l'Église. Le commissaire pontifical, Mgr Gilles Cazabon, travaille actuellement à jeter de nouveaux ponts et à trouver un statut à ces prêtres errants.
«Nous ne sommes en rien opposés au dialogue, bien au contraire, note le père Victor Rizzi, des Fils de Marie. Mais nous ne nous dissocierons pas de l'Armée de Marie. Voilà trente ans que j'en fais partie. Notre oeuvre, basée sur le bien, n'est rien d'autre que la religion catholique, vécue intensément, et je ne vois pas ce que l'on peut lui reprocher.»
Dans l'immédiat, les Fils de Marie sont ordonnés en bonne et due forme à titre individuel mais n'ont pas, en tant que communauté, le droit «d'exercer», un peu à la manière d'un finissant en droit qui n'aurait pas passé son Barreau.



7) Article tiré de LaPresse, Montréal, mardi 27 juin 2000

Rien d'apocalyptique dans le dernier se cret de Fatima enfin révélé

Agence France-Presse
Cité du Vatican

La publication hier par le Vatican du texte intégral du troisième secret de Fatima a mis fin aux spéculations souvent catastrophiques qui, depuis plus de 70 ans, circulaient dans le monde catholique.
En présentant le texte invitant à la pénitence et évoquant les martyrs modernes de l'Eglise, écrit en 1944 par la seule survivante, soeur Lucia Dos Santos, le cardinal allemand Joseph Ratzinger a prévenu "ceux qui attendaient des révélations apocalyptiques excitantes sur la fin du monde et sur son cours  futur de l'histoire" qu'ils en seraient pour leur frais.
Les deux premiers secrets avaient été révélés en 1929, douze ans après que les petits bergers eurent raconté les apparitions troublantes de Marie. Ils concernaient une vision de l'enfer"où les démons se distinguaient par leurs formes horribles et dégoûtantes d'animaux épouvantables", ainsi que la consécration de la Russie à la Vierge, demandée par cette dernière.
Depuis, des centaines de soi-disant "véritables prophéties de Fatima" annonçant la fin du monde et d'autres catastrophes ont été publiées.
Hier, le cardinal Ratzinger, préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi, chargé expressément par le pape Jean-paul II de rendre public le troisième secret, a ainsi démenti une fois pour toute l'authenticité d'un texte attribué indûment à Jean-Paul II.
La plupart des fausses prophéties de Fatima ont été l'oeuvre de catholiques traditionalistes dans des buts souvent politiques, le communisme ayant été accusé, selon eux, par la Vierge comme responsable des grandes souffrances de l'Eglise et du monde à notre époque.
Le cardinal Ratzinger a tenu à préciser que toutes les idéologies athées étaient mises en cause dans le message de Fatima et pas seulement le marxisme. Il a toutefois reconnu que Jean XXIIIcomme Paul VI n'avaient jamais publié le texte du troisième secret pour ne pas envenimer les rapports Est-Ouest.
Ce message, qualifié même de "prophétie" par la congrégation pour la doctrine de la foi dans sa présentation, est considéré par la plus haute autorité de l'Eglise comme étant tout à fait authentique, voire émanant de la Vierge.
Il s'agit cependant d'une "révélation privée", c'est-à-dire d'une "aide pour la foi" dont "il n'est nullement obligatoire de faire usage".
Mais Jean-Paul II, dont la piété mariale est une des constantes du pontificat, croit que le pape "tué par un groupe de soldats avec une arme à feu et des flèches", dont il est fait état dans le message de Fatima, était bien lui
Pourquoi cette prophétie ne s'est-elle pas réalisée, le souverain pontife ayant survécuà l'attentat du 13 mai 1981?
La réponse a été fournie par le cardinal Ratzinger pour qui le sens de la vision de Fatima n'est pas de "montrer un film sur l'avenir irrémédiablement figé" d'une humanité prédestinée, mais au contraire de "mobiliser les forces pour tout changer en bien".


8) Samedi 8 juillet 2000

Msg Gaillot se plie à la demande du Pape : il devra rester en marge de la World Pride
par Michelangelo Signorile
pour le réseau Gay.com
édité par Morgane Stein


Msg Gaillot s’est exprimé ouvertement sur des sujets tels que les sans abris, le nucléaire, la peine de mort, la lutte contre l’apartheid en Afrique du sud et les droits des sans papiers. Plus récemment, il a été question du rôle des femmes dans la société et des droits des homosexuels, Msg Gaillot a été révoqué par le Vatican en 1995 et avait alors été assigné au Diocèse de Partenia en Afrique du Nord.
Aujourd’hui, Msg Gaillot vit à Paris et s’exprime toujours volontiers et avec la même franchise sur différents sujets. Lundi, un jour avant la conférence sur l’homosexualité et la religion pour laquelle il devait prononcer un discours, il s’est exprimé sur la réaction du Vatican concernant sa participation à la World Pride, cela devant un verre de vin dans l’entrée de l’hôtel Ciccerone.
Voici l’entretien que Michelangelo Signorile a réalisé avec Msg Gaillot pour le réseau Gay.com.
Signorile : Pourquoi vous-a-t-il paru important de vous exprimer lors de cette conférence ?
Msg Gaillot : Il est important pour moi de dire que nous devons accepter l’homosexualité et la dignité des homosexuels. En reconnaissant la dignité des personnes, nous les rendons libres et nous les laissons être ce qu’ils sont.
Signorile : Etait-ce la première fois que vous interveniez dans une manifestation gay ?
Msg Gaillot : Je ne suis jamais allé officiellement à une Gay Pride mais lorsque j’ai appris les problèmes rencontrés par les organisateurs, je me suis senti obligé de venir ici parce que d’autres personnes refusaient de les aider.
Signorile : Qu’est-ce que vous a dit exactement le Vatican ?
Msg Gaillot : Lundi, à 12h30, le président des évêques français m’a appelé sur mon portable, ici à Rome. Il avait été lui-même appelé par le Papal Nuncio à Paris auquel le Cardinal Sodano, le secrétaire d’état du Vatican, avait fait passé l’ordre. Le Pape a personnellement demandé au Cardinal Sodano de me faire savoir que je ne devais pas parler lors de la World Pride.
Signorile : Allez-vous répondre à cette demande ?
Msg Gaillot : Oui. J’obéis au Pape. Je n’irai à aucune conférence ni à aucun évènement de la World Pride. Mais en fin de compte, le Pape me fait une faveur. Parce que je peux maintenant parler de ce qu’il a fait à tous les journalistes. Si je m’étais rendu à la Conférence, cela n’aurait pas fait autant de bruit. C’est parce que le Pape a refusé que je m’y rende que cela fait autant de bruit.
Signorile : Justement, ne risque-t-il pas de se fâcher maintenant que vous en parlez à tous les médias ?
Msg Gaillot : Je pense que le Pape devrait être heureux que je parle aux médias puisque son message est de ce fait souligné. Et puisque je dis aux médias que je lui obéis.


9) Article tiré de